Triak Concept - un engin de glisse à la porté de tous

Revue de presse multicoques mag

Le triak est un engin hybride, né de l'imagination d'un passionné de multicoque installé dans le Var, Claude Escarguel. D'après son concepteur, cet engin réuni les qualités d'une planche à voile et d'un cata de sport. Un Programme suffisamment alléchant pour que nous allions essayer ce multicoque d'un genre nouveau ...

Le Triak répond aux 3 critères qui ont fait de la planche àvoile un succès grand public un transport facile sur le toit de la voiture ; la rapidité et simplicité de montage ; le côté fun ! D'un autre côté, il a hérité de ses grands frères multicoques, la stabilité et le confort pour des grandes randonnées, même s'il n'en présente pas les mêmes performances eu égard à sa longueur plus réduite (2m9O de longueur). Il présente l'avantage par rapport à ces deux types d'embarcations d'une polyvalence d'activité vous permettant une liberté totale sur l'eau.
Le Triak étant avant tout un kayak évolutif, il nous a semblé utile de donner quelques impressions sur les différentes versions avant de détailler les 2 modèles qui nous intéressent, le "Trimaran" et le catamaran "School cat".

Au départ, un simple kayak...
Le kayak de base se présente sous une forme assez "bananée", il est très stable et directionnel contrairement aux kayaks de mer courts, grâce à son plan anti dérive arrière. Son nom, le "MAGDOSH" est un hommage à Michel Magdinier, ancien Vice Champion du Monde de K2, ami du concepteur, décédé il y a quelques années. Sa largeur et sa coque à bouchain le rendent très stable permettant ainsi une baignade et un accès au bateau aisés. Cet aspect en fait une bonne base pour la pêche sous-marine ou comme annexe derrière un voilier pour mettre un bout à terre ou pour faire des allers-retours au mouillage avec un équipage réduit. En effet, deux personnes (1 adulte et un enfant) peuvent embarquer sur des petits trajets. Il est en polyéthylène rotomoulé donc d'une robustesse à toute épreuve et autovideur. Quatre trous permettent à l'eau de s'évacuer.
Les critiques qui peuvent être formulées par un non initié sont : son manque de vitesse relatif à la pagaie, comparé aux kayaks de mer classiques (mais qui sont beaucoup plus longs) et la nécessité d'utiliser une combinaison en hiver. sous peine de se mouiller. Son utilisation en kayak surf est par contre redoutable étant donné son volume arrière et la possibilité d'y adjoindre un safran commandé par un palonnier.
N'ayant pu l'essayer dans ces conditions, nous nous en remettons en la matière à Claude Escarguel, qui chasse la vague de la navette Le Brusc -Les Embiez (Var) à longueur d'année. Il y a possibilité d'adjoindre au kayak une petite voile de portant pour les trajets vent arrière, ce qui n'est jamais désagréable sur les longs parcours et ce qui viendra compenser la critique formulée plus haut par rapport aux kayaks de ...

Puis vient le Prao...
Parmi les versions proposées, le Prao à moteur électrique ou thermique nous paraît tout à fait original. Cette version particulièrement adaptée à toute forme de pêche ou de chasse sous marine nous rappelle que le prao est l'embarcation préférée des polynésiens (Claude Escarguel possède un trimaran de 1 1 m et a traversé le Pacifique à la voile ... ). L'utilisation de la bulle de vision sous marine, entre le flotteur et la coque, permet de localiser très rapidement les lieux de pêche. Nous avons été agréablement surpris par la version
moteur électrique qui permet de naviguer sans bruit et dans le respect de l'environnement, équipé d'un panneau solaire à autonomie importante. Son utilisation sera sans doute prisée dans le cadre des "sentiers de la mer "pour ceux qui veulent rester au sec (cf Parc Naturel de Port-Cros).

Un trimaran démontable...
Un flotteur de plus et nous voilà en trimaran ! Voguer par petit temps dans le sens de la navigation est un plaisir. Une seule écoute au taquet et le safran commandé par un pédalier dans la version RACING ou par des manettes dans la version ALIZE, vous permettent de naviguer "cool" en admirant le paysage dans un confort digne d'une chaise longue 1 Cet aspect du triak vous permet d'étaler jusqu'à 15/20 noeuds de vent avec la voile mylar lattée (5m5O) de très haute qualité manufacturée par Jean Michel Russo, ancien Champion du Monde de 420. La version trimaran ne nous a pas encore livré tous ses atouts. Dès que le vent force et que le flotteur a tendance à enfourner, le barreur lâche les pédales, sort et se met au rappel sur le siège latéral arrière au vent en barrant avec le stick. Ces sièges en polyéthylène sont très confortables et autorisent un glissement latéral tel, que la contre gîte équilibre en permanence le bateau. Celui-ci bien à plat accélère comme un trimaran digne de ce nom. Les impressions sont fortes !
Les surprises viennent de la conception du bras avant et de son effet anti enfournement. En effet, le seul défaut que l'on puisse habituellement trouver à un trimaran, vient du risque de voir son flotteur sous le vent enfourner et de sancir par la suite dans un grand soleil. Le principe adopté sur le Triak permet, au près, à la coque centrale de s'appuyer sur son bouchain sans que le flotteur sous le vent s'enfonce, ce qui permet d'augmenter le plan anti dérive mais aussi de conserver une bonne vitesse sans risque de dessalage. La dérive centrale présente une bonne efficacité et se révèle surtout nécessaire pour les raisons citées dans les petits airs (l'angle de près de 45' se révèle assez bon pour un multi-coque). Le trimaran avec son système de haubanage simplifié (kevlar sur mousqueton rapide) autorise l'utilisation de tous les gréements de planche à voile. C'est là un de ses principaux atouts. En effet, c'est aujourd'hui le seul bateau à pouvoir s'amuser les jours de gros temps (30 à 40 noeuds) avec les planches à voile. Il suffit pour cela d'adapter de prendre un ris, ce qui permet de diminuer la surface vélique.
Pour un bateau sans foc, il n'y a pratiquement jamais de refus à virer au vent sauf dans les cas de sur toilage où le bateau devenant trop ardent, l'angle d'attaque du virement étant trop large, ce dernier refuse de passer : qu'à cela ne tienne, vous avez toujours à bord une pagaie clippée qui vous permet non seulement de remédier à un virement réticent mais qui vous autorise surtout lorsqu'il n'y a plus du tout d'air, les jours anticycloniques, de revenir à terre !

Le système de pédalier peut surprendre les initiés mais met les néophytes tout de suite en confiance : pédale droite pour virer à droite, pédale gauche pour virer à gauche. Beaucoup plus simple pour un débutant qu'une  barre classique. par gros temps, ce bateau pardonne presque toutes les erreurs (sauf à l'empannage au vent arrière où il vaut mieux reborder l'écoute pour éviter le coup de raquette assassin).
Le mât qui pouvait paraître un peu trop souple pour ce type d'embarcation vient jouer les amortisseurs de survente, créant un effet tampon pénalisant un peu la survitesse mais garantissant une sécurité totale. En école d'initiation enfin, trois adolescents de 8  à 12 ans peuvent prendre place sur le bateau - le barreur au centre tenant l'écoute et les deux autres sur chaque siège latéral glissant au fur et à mesure de la gîte. A ce jeu, inutile de vous décrire l'ambiance à bord ! Le Triak est un engin d'initiation, pratique, économique, simple à utiliser et à stocker !


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